Le compte des textiles

D’après le guide technique élaboré par la SOFERIBO (Société Française d’ Évaluation et de Recherche Infirmière en Bloc Opératoire), le compte de textiles doit respecter 5 grands principes :

  • Le comptage des « textiles » doit être réalisé pour toute intervention, sauf si l’acte chirurgical ne permet pas leur introduction dans le site. Comptage initial, comptages intermédiaires, comptage final.
  • À chaque unité de distribution, les textiles sont comptés un à un conjointement par l’instrumentiste (ou l’aide opératoire ou le chirurgien) et par l’infirmier circulant.
  • La concordance entre le compte initial et le compte final est impérative.
  • Le compte des textiles doit respecter les règles d’hygiène, d’asepsie et d’ergonomie.
  • Les différents comptes, initial, intermédiaire(s) et final, doivent être tracés..

Cadre réglementaire :

Ce compte peut engager la responsabilité civile, pénale et disciplinaire conjointe du chirurgien et de(s) IDE et IBODE présente(s) lors de l’intervention en se basant sur :

De plus, le compte de textiles, d’instruments et aiguilles est présent dans la check-list « Sécurité du patient au bloc opératoire » dès 2010 lors de sa mise en place par l’HAS à partir des manuels de certification V2007 et V2010. Information sur la check-list : ici

Quoi compter ?

Les textiles utilisés doivent posséder un marquage de couleur pour permettre un contrôle visuel, et radio opaque afin de pouvoir effectuer un contrôle radiographique, si nécessaire.

  • Les compresses
  • Les champs abdominaux (ou tétras)
  • Les champs de bordure
  • Les noisettes ou tampons durs
  • D’autres DM quantifiables peuvent, selon les spécialités chirurgicales, entrer dans le protocole de comptage.

Quand compter ?

Le compte initial :

  • Avant l’incision

Le(s) compte(s) intermédiaire(s) :

  • À chaque changement d’équipe
  • Avant la pose de DMI ou prothèse
  • À la discrétion de l’équipe
  • Avant la fermeture du plan profond

Le compte final :

  • Après la fermeture du plan cutané et avant le pansement

Comment compter ?

L’IDE ou IBODE circulant s’assure de la vacuité des baquets destinés à la récupération des textiles.

Il protège par un champ imperméable le plan de travail sur lequel il va effectuer le compte.

À chaque distribution de textile :

    • L’IDE ou IBODE instrumentiste compte un à un les textiles donnés, en les séparant
    • L’IDE ou IBODE circulant effectue un contrôle visuel de ce compte
    • L’IDE ou IBODE instrumentiste transmet l’information à l’IDE ou IBODE circulant qui trace immédiatement le nombre sur le support de traçabilité
    • L’IDE ou IBODE circulant peut conserver les emballages vides jusqu’au compte final
    • Donner, autant que possible, l’exclusivité à l’IDE ou IBODE circulant pour la distribution des textiles

L’IDE ou IBODE circulant récupère les textiles souillés au fur et à mesure pendant l’intervention et les compte un à un en les dépliant

Il reconstitue les paquets entiers, il peut utiliser les emballages vides conservés

À la fin de l’intervention, l’IDE ou IBODE circulant coche la case « oui », « non » ou « non applicable » sur la ligne « compte final correct » sur la check-list. Si « non », la décision concertée est retranscrite sur la check-list

À chaque compte initial, intermédiaire et final :

    • L’IDE ou IBODE instrumentiste communique le nombre de textiles présents en zone stérile, en précisant le type de textile et l’IDE ou IBODE circulant communique le nombre de textiles récupérés
    • L’IDE ou IBODE instrumentiste et circulant vérifie la conformité du compte avec le nombre de textiles distribués
    • L’IDE ou IBODE instrumentiste informe le chirurgien de la conformité du compte
    • L’IDE ou IBODE circulant trace chaque compte sur le support de traçabilité

En cas de discordance entre le nombre de textiles donnés et le compte (intermédiaire ou final) :

L’IDE ou IBODE circulant recompte les textiles souillés, vérifie toutes les poubelles de la salle en les vidant, vérifie les gants jetés en les retournant, etc.

L’IDE ou IBODE instrumentiste recompte les textiles présents en zone stérile.

L’opérateur vérifie dans le site opératoire.

En cas de persistance du litige, l’opérateur demande un contrôle radiographique per opératoire

En dehors de ces recommandations, il est important d’harmoniser les pratiques au sein d’un même bloc, afin d’éviter toute erreur liée à un défaut de compréhension lors de changement d’équipe.  C’est pour cela que la rédaction d’une procédure adaptée aux DM utilisés, à la spécialité et au support de traçabilité est conseillée.

Références :

  • Docteur Jean-Edouard CLOTTEAU, Chef de service de Chirurgie de l’hôpital de Neuilly sur Seine (Groupe CHCNP), Chirurgien Conseil, le Sou Médical – Groupe MACSF & David BARANGER, Juriste, le Sou Médical – Groupe MACSF, “Oubli de compresse : à qui la faute ? Définir les responsabilités au sein d’une équipe chirurgicale”, MAJ : 24/08/2016, consulté en ligne :

https://www.macsf-exerciceprofessionnel.fr/

  • Martine Lelarge Cadre de santé Ibode, bloc opératoire central, Hôpital Delafontaine, Saint-Denis (93), “Protocole de comptage des textiles et des lacs”, InterBloc Vol 25, n°1, mars 2006, p34-37, consulté en ligne:

 http://www.em-consulte.com/en/article/83463

  • Olivier Willième, Congrès AFISO 2013, “Doit-on encore compter les compresses au bloc opératoire ?”, consulté en ligne :

https://www.afiso.be/attachment/531000/

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